hormones, éjacs et chocolat !

mardi 19 août 2008

Le porno, c'est la goutte d'eau.


CHAPITRE PREMIER : " Mais qu'est ce que je raconte moi ? "

    Putain je hais le porno bon marché. J'ai l'impression que plus personne ne sait ce qu'est un vrai film porno, merci Internet. Demandez à Steve Hirsch si faire tourner une bombe dans un garage avec un camescope, une lampe de bureau, et un clochard c'est du porno... C'est comme commander un dessert dans un restaurant, et se rendre compte qu'ils ont retourné un flamby, et posé une boule de glace à coté pour leur " fondant de flan caramel sur son iceberg vanillé ". Là, tu prend le serveur par les cheveux ( poisseux puisque 35 allers retours en cuisine mouate ), et tu expérimentes les règles de la physique, à savoir : "est ce que le crâne d'un être humain et un mur de pierre peuvent occuper le même espace sans dégâts ? ". Bref, je m'égare, violence quand tu me tiens...


CHAPITRE DEUXIEME : " Les premières expériences hertziennes version crzztt crzztt."

    Mon expérience du porno a commencé assez jeune, j'avoue. Disons que, à voir comme le premier baiser derrière la mairie m'avait retourné, je m'étais dit " Et si maintenant tu apprenais la vie au lieu de la prendre en pleine poire ? ", j'aime pas la comporte de toute façon. Donc Let's go ! Pas internet à l'époque, alors on se débrouille. On commence à mater le journal du hard en crypté, Philippe Vandel, tu étais mon dieu vivant, même si grâce au cryptage, je ne savais pas trop de quoi tu avais l'air les premiers temps. Arrive l'heure du film, et la... décrépitude d'un drame pourtant logique voire annoncé: on ne voit rien. Le truc de la chaussette en laine, que dalle, ça marche pas. Déception, frustration, tu vois des formes qui s'enfilent, et tu ne sais pas si c'est le zizi ( j'étais très jeune ) du mec dans la lune de la madame ( très très jeune oui ), ou si c'est le bras de la madame dans le cucul du monsieur ( jeune, ok, mais imaginatif ! ).
En bref, tu sais que tu regardes ce que tu as envie de voir, t'es excité plus par l'interdit que par le contenu, et tu te dis, tel un fier chevalier de l'hymen doré qui réalise son destin : " Je vais voler des cassettes au royaume primolo discount ! ".


CHAPITRE TROISIEME : "Courses poursuites et porno germanique"

    Primolo Discount, c'était la mecque du pauvre. Tout le monde a connu l'arrivée des kingdiscount, Primolodiscount et autres. Enfin j'espère, sinon c'est que vous êtes trop riches pour lire ce blog.

Spoiler Alert du prochain article :"j'aime pas les riches, et je leur crache dessus grave " ( les vrais riches, les richards comme on dit ici ). 

    Donc oui, primolodiscount, ses caissières vulgaires, son patron en renault 19 chamade, et ses 1000 m² sans surveillance... Le parc Astérix du fils de français moyen. Et au détour d'une allée, entre le dernier chuck norris, et le nouveau faux aladdin version bas de gamme, miracle de l'ignorance, les films de cul, accessibles à tous, même pas en hauteur, même pas un papier orange avec une croix noire pour cacher la jaquette, non. Vous me direz, à l'époque, entre la barbe de Chuck Norris et le pubis d'une actrice allemande, on voyait pas la différence au premier coup d'oeil. Et donc me voila planté devant les cassettes video, avec l'adrenaline qui grimpe, avec déjà mon sourire en coin de " j'vais faire une connerie, j'adore ça ", et mon manteau entrouvert. Un coup d'oeil à gauche, un coup d'oeil à droite, et hop, la cassette de la fille poilue dans le manteau, ni vu ni connu. On arpente le magasin, et comme tout bon voleur, on achète une petite connerie pour avoir l'air de rien. Et en bon fouteur de gueule qu'on est déjà, on demande un papier cadeau, parce que " C'est pour ma maman madame, elle aime bien les cadeaux vous savez ". On m'aurait donné le bon dieu sans confessions, alors que je méritais une bonne fessée... Et la je commence ma collection. Petit à petit la vigilance s'envole. On arrête d'acheter un cadeau pour sa môman, on regarde même plus à droite à gauche, on vole. On vole. Et on vole encore. Jusqu'au jour inévitable du

" hey gueule d'ange, ouvre ton manteau un peu pour voir ! "

    Se faire attraper à 12 ans pour vol de bonbon c'est mignon, je connais mes parents, ils en auraient pas fait toute une histoire. Pour des cassettes de cul bon marché, ils auraient ri, et à chaque diner de famille j'y aurais eu droit. Et ça, jamais de la vie je ne l'aurais supporté ! Me voila donc, sur le parking, poursuivi par un mec en costard à deux balles et chaussettes de sport, oscillant entre la satisfaction et la peur, le " cours toujours vieux con " et le " j'espère que tu fumes trois paquets par jour et que tu vas cracher un poumon dans 200 mêtres connard ". Bingo. Il abandonne. Je rentre chez moi, place la cassette dans ma collection secrète, au milieu des 30 autres cassettes/trophés/preuves, et descend dans le salon, pour zapper sur les dessins animés, comme tous les gosses de mon âge...

La suite prochainement dans " Lothaire et les allemandes poilues part II "


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mardi 29 mai 2007

Je hais déjà cet article.

    Et bien voilà, premier article d'un tout nouveau blog. Je m'appelle Lothaire. Enfin, ici tout au moins. Comprenez mon souhait de rester anonyme, si ma pauvre mère tombait sur certaines choses relatées ici, je ne serais plus son fils chéri, et évidemment elle ne me préparerait plus mon café le matin. La vie est somme toutes déjà assez cruelle comme ça...

    Pour commencer, je vais vous avouer l'un des plus grands secrets de l'humanité : Lothaire est un raté. Oui, je parle de moi à la troisième personne, c'est déjà bien assez dur d'avouer qu'on est un nul, alors le proclamer avec un grand "JE"... Et le pire c'est que je suis persuadé que ce n'est absolument pas de ma faute. Enfin si quand même un peu. j'suis pas aussi lâche tout de même.

    Enfant, alors que je me tripotais encore le zizi sans trop savoir pourquoi, on me détecta " surdoué ". Et je dois bien avouer qu'à l'époque, j'en étais moi même convaincu, et pas peu fier de finir chaque trimestre premier de la classe devant Vanessa L., qui a du sombrer en dépression au bout d'une corde en avalant une boite de Lexomil alors qu'elle essayait de se trancher les veines à cause de ça. Oui parce que depuis toujours, aussi loin que je me souvienne, mon principal "défaut" ( notion subjective ) c'est l'arrogance, l'impertinence, l'insolence, je suis un "jeune effronté" comme dirait l'autre avec son accent so british et sa gelée de menthe à la con. Et croyez moi que chez un enfant précoce, l'insolence c'est vraiment la dernière chose qu'on a envie de voir. J'étais à la fois adoré et detesté de mes enseignants. Celui qui donne la réponse avant la fin de la question sans lever la main. Vous voyez le tableau ? Mais celui à qui on casse pas la gueule parce qu'il a une gueule plus grande que les autres, et qu'il est l'inverse du fayot, son jeu préféré étant de faire fondre en larmes la maitresse. 

" Aaaaaaaaaah les années d'école primaire,
Les camarades qui mangent de la terre,
Qui pleurent et morvent sur leur pull over,
Fallait pas l'dire à m'sieur Lambert. "

    Les années primaire, c'est aussi celles du premier baiser. Et la les amis, moi qui suis, malgré les apparences si sensible, croyez moi bien quand je vous dis que ça m'a retourné comme jamais... C'était avec Audrey S. Et si vous me demandez " S comme salope ? ", je vous réponds que même à 11 ans, oui, c'est possible... Moi qui était si timide, si angélique ( malgré les apparences encore une fois ), ce jour la mon existence a basculé vers ce que j'appelle : "vieillir avant les poils". Je m'en souviens comme si c'était hier.

    Après une journée à la médiathèque à préparer un exposé sur les cafards, je raccompagne A.S. ( Ah la Salope! ) jusque chez elle. j'avais passé l'après midi avec le ventre qui brûle genre j'ai bouffé un sandwich au plasma, parce qu'il faut bien avouer que je l'avais dans la peau cette fille. Et voila t'y pas qu'elle me sort, sans sourciller : " viens on va derrière la mairie, tu pourras mettre ta main dans ma culotte ". 11 ans... Alors là, autant vous dire que ça a été feu d'artifice, dynamite et compagnie dans l'estomac.  Et à l'époque, pas internet, pas tout ce qu'on voit à la télé. Croyez moi, jeunes ados d'aujourd'hui, vous êtes TRES en avance sur nous à l'époque... De mon temps, ce genre de choses, c'était une aventure, une expédition, le premier pas sur la lune.

    Nous voilà donc derrière la mairie, petit coin tranquille clairsemé de canettes de bière et d'odeurs de pisse. Jamais je n'ai vu d'endroit plus romantique, dire qu'il y en a qui payent pour aller à Venise. Décidément, vous n'y connaissez rien. Et moi je suis à la frontière entre la syncope, et la nausée, excité et effrayé à la fois, je m'en souviens comme si c'était hier. Elle me regarde, l'oeil rieur, avec un petit ricanement strident l'air de " je suis une sainte nitouche, qu'est ce qui me prend ? ", prend ma main mouate, la glisse dans son pantalon débraguetté, et m'embrasse, ou plutôt m'enfonce sa langue dans les amygdales.         

"Stupeur et tremblements."

    Le monde vient de s'entrouvrir pour m'engloutir. Anxieux, hyperactif, hypersensible, je suis hyper tout c'que tu veux. Même hyperbeaugosse il parait. Et à l'époque, c'était déjà le cas ( pour tout ).  Autant vous dire que j'ai très mal vécu ce moment. Et byzarrement, ça m'a rendu encore plus timide, encore plus anxieux. Un choc j'vous dis, un choc que j'ai pris en pleine gueule. Je suis rentré chez moi, plus le même, et je suis resté prostré pendant le reste du week end. Et le lundi en la revoyant, j'ai tout simplement vomi. Les enfants étant ce qu'ils sont, elle m'a dit " j'te largue, c'est dégueulasse !! ". Et si j'avais pas encore un peu de mon petit déjeuner en train de remonter, je lui aurais bien dit Merci.

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